À la question de la Charente Libre « Faut-il plus de bancs publics ? », on préfère répondre par l’innovation et tirer les leçons de l’expérimentation de 2014. L’heure n’est plus au grillage passif, mais au Banc 3.0 : 100 % connecté et 100 % sécurisé.
L’espace public n’est pas un lieu d’errance et de débauche ; il doit devenir un service accessible au plus grand nombre de ceux qui le méritent.
À l’époque, de l’expérimentation de 2014, le concept était sans doute trop visionnaire, mais pas assez abouti technologiquement. C’est le problème classique de la précipitation de la Start-up Nation… Aujourd’hui, on garde le grillage, nous avons un spécialiste sur le territoire, autant en profiter, mais on change de paradigme : on n’enferme plus, on déverrouille par le mérite.

Désormais, l’accès se fera en sans-contact via smartphone et l’application dédiée « Place Net ». Sur le même principe que pour le stationnement, le premier quart d’heure (charentais) est offert, puis chaque minute suivante sera décomptée de votre forfait utilisateur.
Grâce à la géolocalisation des 50 premiers bancs équipés, vous pourrez réserver un créneau horaire sur le banc de votre choix. Une fonctionnalité qui devrait ravir Margaux, mais surtout son patron, qui ne la verra plus quitter le travail prématurément pour « espérer » une place assise. La productivité avant tout !
Précision importante : ces nouveaux bancs innovants ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite. Il serait aberrant d’engendrer des coûts d’adaptation supplémentaires pour une catégorie de personnes qui, par définition, sont déjà assises toute la journée et restons cohérents jusqu’au bout, nos trottoirs ne permettent déjà pas leur libre circulation…
Chaque banc est équipé d’une webcam et d’un écran : la solution idéale pour profiter de la vue quand celle-ci est dans votre dos, ou pour satisfaire ceux que la présence physique du grillage dérange encore. À noter que vous pourrez aussi louer un film ou visionner une série à la demande sur ce même écran.
Une caméra de vidéoprotection est également intégrée. Car si Brassens chantait « les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics », nous, on sait comment cela finit en général. Avec la chaleur estivale, toute dérive comportementale sera détectée et traitée en temps réel.
La création d’un compte sur l’application « Place Net » est gratuite, mais l’algorithme bloque automatiquement les profils indésirables : SDF, toxicos et chômeurs. Ces derniers ont d’ailleurs bien mieux à faire que de se la couler douce au soleil sur un banc alors que le marché de l’emploi les attend !
Alors à la question de la Charente Libre « Faut-il plus de bancs ? », on préfère répondre pas n’importe comment et pas n’importe lesquels !
Article satirique mais pas très éloigné de là où on veut nous emmener.






